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  • Amandine Ruas

"J'ai le syndrome de l'imposteur", mes conseils en tant que coach / RH / Entrepreneur sur le sujet !


Ces derniers temps, j'entends beaucoup mes clients parler du "syndrome de l'imposteur" comme la source de leurs blocages pour avancer dans leurs projets professionnels. J'ai donc pensé qu'il était intéressant pour vous que je puisse clarifier ce qu'est exactement ce "syndrome", quelles sont ces manifestations au quotidien, et surtout vous donner des clés pour le dépasser si vous vous sentez concerné(e) !


Sur ce sujet, j'ai décidé de mobiliser pour vous mes 3 casquettes, pour vous donner une approche à 360 degrés du sujet. Du coup, je vous donnerai 3 regards :


  • mon regard d'ex RH. Ces clés vous permettront d’agir directement sur votre rapport à votre manager et vos collègues, sur le contenu de votre poste, et votre charge de travail…

  • mon regard de Coach évidemment, parmi celles qui aident mes clients à avancer. Ces clés vous aideront à prendre du recul, à mieux vivre vos relations de travail, et à mieux vous connaître et gagner en confiance.

  • mon regard d'Entrepreneure qui a elle-même dépassé certains de ces blocages (et puis aussi... en tant qu’humaine !). Dans ce partage d’expérience, je vous parle à cœur ouvert, pour vous aider à devenir auteur et acteur de votre épanouissement au travail !


Concrètement, quel est ce « complexe » qui peut rendre notre vie professionnelle si pénible ou nous bloquer dans nos projets ?


« J'ai l'impression de ne pas vraiment être légitime sur mon poste : d'autres sont bien plus compétents que moi »

« Je suis content(e) d'avoir réussi ce projet, mais il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire : j’ai été aidé(e) et les circonstances étaient en ma faveur »

« J’ai l’impression que l’erreur que je viens de faire remet en cause la qualité de mon travail en général… Si mon manager savait, il serait tellement déçu(e) »

« Je ne suis pas certain(e) d’avoir les épaules pour le projet que l’on vient de me confier… Les autres ont l'air plus serein que moi en ma capacité à gérer le projet »

« Si mes collègues / mon boss savai(en)t à quel point je doute de moi... »


Vous êtes déjà laissé traverser par ce genre de pensées ? Alors vous êtes assez probablement sujet(te) au « syndrome de l’imposteur ». Rassurez-vous, vous n’êtes pas le/la seuls : selon les psychologues qui ont identifié ce syndrome en 1978, Pauline Rose-Clance et Suzanne A. Imes, 60 à 70% des personnes en sont victimes à un moment de leur vie ! Autant les femmes que les hommes, pour information.


Malgré l'usage du terme "syndrome", Pauline Rose-Clance, dans son ouvrage sur le sujet, parle plutôt de « complexe » de l’imposteur. Je crois que je préfère également ce terme : il vous rappelle que ce n'est pas un "syndrome" dont vous êtes victime. C'est un simple complexe que vous pouvez dépasser.

Le syndrome de l’imposteur se caractérise par l’impression de ne jamais être à la hauteur des rôles qui nous sont confiés, indépendamment de nos réussites et de nos compétences.

En milieu professionnel, vous le reconnaissez aux tendances suivantes :

  • attribuer ses réussites à la chance ou à des facteurs externes, comme à l’aide de ses collègues ou aux circonstances. Dans tous les cas, vous minimisez vos succès (« oh, ce n’était pas si difficile »).

  • se sentir coupable voire honteux en cas d'échec, et cela même lorsque la responsabilité est partagée avec d’autres ou que les circonstances n’étaient pas en votre faveur (« j’aurais dû mieux me préparer » / « j’aurais dû savoir qu’il n’était pas fiable »). Dans tous les cas, vous maximisez vos échecs.

  • ressentir de façon fréquente une forte peur d’échouer, non pas par crainte des conséquences matérielles de l’échec, mais plutôt par crainte d’être démasqué(e) dans votre "imposture" (« si je me trompe, ils se rendront compte que, depuis tout ce temps, je n’étais pas à la hauteur »).


Les mécanismes de protection contre-productifs contre le complexe de l'imposteur


Pour nous défendre contre ce complexe de l’imposteur, nous adoptons généralement 4 comportements de protection, qui malheureusement génèrent fatigue, stress, et frustration (plutôt que de résoudre le problème!) :


  • l’excès de travail, parce qu’on a l’impression que nos compétences ne suffiront pas à elles-seules ;

  • la procrastination, parce qu’en repoussant l’on évite de se confronter à ce que l’on pense être notre incompétence ;

  • l’inaction, parce qu’essayer reviendrait à courir le risque d’échouer ;

  • la non-affirmation de soi, parce qu’après tout, on n’est pas légitime à demander ou à donner son avis.


Au travail, que donne chacun de ces 4 comportements de protection ?


  • Épuisement, fatigue chronique, stress, perfectionnisme.

  • Risque de retard sur les livrables ou travail dans l’urgence.

  • Manque d’innovation et de pro-activité, voire apathie.

  • Frustration de ne pas demander ce qu'on désire, puis mise en retrait.


Pour couronner le tout, ces 4 comportements « bouclier » tournent vite à la stratégie d’auto-sabotage et au cercle vicieux (et viennent saper les bases de la confiance en soi qu'on peine déjà à construire):

  • Plus vous travaillez pour compenser votre « insuffisance », plus vous pourrez ensuite dire que c'est le travail, non le talent qui justifie votre place : «Oui, je réussis, mais c’est simplement parce que je travaille plus que les autres. Non pas parce que je suis bon».

  • Plus vous procrastinez, plus vous justifierez votre imposture : «Regardez, j’ai encore rendu ce projet en retard car c’était trop pour moi, je ne suis vraiment pas à ma place».

  • Moins vous vous affirmerez, plus vous renforcerez votre sentiment de ne pas «mériter» votre place : « Mon boss ne m’a pas donné d’augmentation (normal, vous n’avez pas demandé !), c’est que je ne dois pas la valoir ».

Vous entretenez donc un cercle vicieux qui ne fait que renforcer votre complexe ! Bon, c’est dit, mais alors en pratique, on fait quoi pour éviter ça ?


Mes conseils pour vous

Mon regard de Coach


Le syndrome de l’imposteur est profondément lié à la confiance en soi. Voici quelques exercices et clés de coaching que vous pouvez appliquer régulièrement, directement sur votre lieu de travail ou à la maison après une dure journée, pour muscler votre confiance en vous et alléger ce complexe :


  • Eviter de vous comparer aux autres. Il y a toujours des gens qui seront meilleurs que vous dans certains domaines, et d’autres qui seront moins bons. De toute façon, la comparaison n’est pas valable : vous comparez ce que les autres montrent à l’extérieur, avec ce que vous percevez de vous à l’intérieur !

  • Listez 10 de vos qualités. Si vous avez du mal à en trouver 10, n'hésitez pas à demander à vos amis ou votre famille de vous aider, à réfléchir aux fois où l'on sollicite votre aide (il y a toujours qualités derrière les tâches pour lesquelles votre expertise est précieuse pour les autres !), ou encore demandez-vous quelles tâches vous effectuez avec aisance.

  • Faites la liste de vos 3 plus gros succès professionnels. Puis demandez-vous : quelles qualités, compétences, connaissances, qui VOUS appartiennent, avez-vous mobilisées pour réaliser chacun de ces succès ?

  • Tenez un journal des compliments que vous recevez de vos collègues, de vos clients, de vos partenaires ou de vos managers. Remplissez-le quotidiennement, et lorsque votre syndrome de l’imposteur revient, redécouvrez toutes ces raisons pour lesquelles les autres apprécient votre travail et votre personnalité !

Mon regard de RH:

Règle numéro 1 : Mettez des limites

Votre santé au travail est importante. Elle l’est pour vous, bien évidemment, et elle l’est pour l’entreprise (un salarié heureux et en bonne forme est mille fois plus performant qu’un salarié épuisé, parole de RH). Essayez de :

  • ne pas retravailler le soir une fois la journée de travail terminée

  • vous fixer un temps de travail raisonnable pour chaque projet et arrêtez-vous lorsqu’il est atteint

  • vous rappeler qu’un travail imparfait vaut mieux qu’un travail en retard !


Règle numéro 2 : Osez demander !

Il est rare qu'une entreprise donne des augmentations, des bonus, des promotions, si le salarié n'a jamais exprimé son souhait d'évoluer ! S'il y a de plus en plus d'entreprise sociale, avec un management humain et professionnel, qui reconnaît la performance et la valorise... les entreprises sont aussi là pour être profitable. Vous n'aurez probablement pas plus, si vous n'exprimez pas votre souhait d'avoir plus !



Par ailleurs, même le meilleur des managers ne peut pas deviner ce qui est important pour vous si vous ne l'exprimez pas !

Demander n'est pas voler ! Demander c'est prendre la responsabilité de notre besoin, et être acteur de sa réussite.


Si vous êtes frustré(e) par votre salaire ou votre poste, demandez une augmentation ou un changement de rôle, plutôt que de ressasser et de penser qu’on ne vous donne pas ce que vous souhaitez parce que vous ne le méritez pas !


Bien sûr, je vous invite à bien préparer cette demande, de façon à mettre toutes les chances de votre côté. Je vous aide à préparer une négociation consensuelle, confiance, basée sur des arguments solides, objectifs et exprimés avec les justes mots.

Au passage, on peut négocier un salaire mais aussi... plus de flexibilité horaire, du télétravail, de nouvelles responsabilités, de recrutement un stagiaire pour nous aider... N'ayez pas peur de demander ce qui est important pour vous ! Règle 3 : Demandez du feedback.

Aussi régulièrement que possible, demandez des retours à vos collègues ou à votre manager. Ce feedback peut concerner un projet que vous menez, une présentation que vous avez faite, un rendu que vous leur avez envoyé, vos méthodes de travail, de management ou de communication !

Choisissez de préférence un collègue honnête et bienveillant.

Cela vous confortera dans vos compétences, et en bonus, cela développera la culture du feedback dans votre entreprise !

Règle 4 : Soyez conscient de votre valeur pour l'entreprise


Je vous propose de lister les 10 raisons objectives, et relatives à vos compétences ou à votre personnalité, pour lesquelles on vous a recruté (vous et pas un autre) sur votre poste ou confié un projet.


Et si vraiment la seule chose qui vous vient est "j'ai donné le change en entretien", eh bien... au moins vous pouvez être fier d'être un excellent communiquant ;)


Partage d’expérience en tant qu'entrepreneure

Après mon diplôme de Sciences Po, j'ai démarré en tant que Responsable des Ressources Humaines à 23 ans, sur un poste à hautes responsabilités, que mon manager m’avait proposé parce qu’en entretien « il avait vu mon potentiel et mes compétences au delà de mon jeune âge ».

Tous les matins en partant au bureau, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire : « Je dois être vigilante à la moindre erreur et travailler plus que les autres, sinon, il regrettera son choix ou pensera que je ne suis finalement pas à la hauteur ».

Quand je me suis mise à enseigner en École de Commerce, en parallèle de mon job, auprès d'étudiants qui n'avaient que quelques années d'écart avec moi, je me suis dit la même chose.

Cela m'épanouissait, m'animait, et c'était les prémices de mon goût pour la transmission. Et pourtant une petite voie dans ma tête me disant que cumuler 2 jobs à responsabilités aussi jeune (dont un que je n'avais jamais exercé), c'était une pure folie.

Puis, en 2017, quand j'ai décidé de quitter ma carrière de RH pour monter ma propre entreprise et devenir coach professionnelle, je me suis ENCORE demandé pour qui je me prenais. Comment pouvais-je penser que j’étais capable d’entreprendre toute seule? Ou d’aider les autres, moi qui, comme tout le monde, avais aussi mes propres problèmes ?


Idem lorsque j’ai publié mon premier roman ou fait mes premières conférences en public.


Et même quand tous ces projets ont réussi, je me suis dit : « Oui, enfin, j’ai eu de la chance, j’ai rencontré les bonnes personnes » et « C’est normal, j’ai travaillé deux fois plus que les autres, c’est de la persévérance, pas des compétences ».

Alors quand je vous parle du syndrome de l’imposteur, c’est en connaissance de cause pour l’avoir vécu pendant longtemps. D’ailleurs, aujourd’hui, même si je l’ai apprivoisé et que j'ai ancré une profonde confiance en ma capacité à créer, à apprendre, à m'adapter, à aider et à rebondir, eh bien... il pointe de temps à autre à nouveau son nez.


Pour l'avoir côtoyé personnellement et avoir aidé nombre de mes clients à le dépassé, je peux vous l’assurer : le complexe de l’imposteur ne s’efface que dans l’action !


Il n’y a qu’en tentant, en osant, en se lançant, que finalement on réalise que : OUI, on en était capable, et que NON, on n’est pas un imposteur.

Si vous n’essayez pas, vous ne ferez que renforcer votre sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas être capable, de ne pas pouvoir sans faire plus que les autres. Certes, essayer c’est s’exposer à l’échec, mais l’échec est un allié qui vous donne de précieuses informations pour mieux avancer vers la réussite. Je vous en parle plus en détail dans l'article : Prenez la route de la réussite, apprenez à oser !

Personnellement, chaque fois que j’ai osé, j’ai, soit :

  • réussi, et renforcé ma confiance en moi et mes capacités professionnelles et personnelles ;

  • fait face à un échec, qui m’a appris de jolies leçons pour progresser et préparer la réussite suivante, tout en me montrant que je suis capable de rebondir !

Alors, mon plus grand conseil pour vous aider à oser, plutôt que de rester bloqué dans l’immobilisme par peur d’être démasqué, c’est de vous demander : « quelles possibilités s’ouvrent à moi si je tente ? ». Puis de vous lancer !




Si vous avez envie d'être accompagné(e) dans les changements à mettre en place dans votre vie pour mieux vous faire confiance et transformer votre vie professionnel, je vous propose un accompagnement personnalisé destiné à vous propulser dans vos projets avec confiance en efficacité.


Et pour bénéficier des coups de pouce réguliers de BeYourBestSelf, suivez les pages Facebook et Linkedin ou Instagram (@beyourbestself_coaching) ou le podcast.

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